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— Juillet/août 2008 —
 
 

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Sédir

La compasssion

Extrait de Bréviaire mystique (1909)

SédirIl y a trois espèces de compassion. La première est une sensiblerie maladive, qui nous réduit à être les jouets de nos nerfs, de la ruse des faux malheureux, de nos vices obscurs, même. La seconde c'est, étendu dans un bon fauteuil, au coin de son feu, de se dire : « Combien de pauvres diables vont coucher sous les ponts, cette nuit ! » La troisième sorte de compassion, la seule vraie, c'est, après avoir eu cette pensée, de prendre son chapeau, de sortir dans la rue, à la recherche d'un va-nu-pieds, de lui offrir un repas et une chambre ; c'est aussi, quand on n'a pas le sou, de ramener chez soi, le pauvre diable et de le mettre dans son propre lit.

La compassion, c'est perdre son temps, avec bonne humeur, au chevet d'un malade grognon. C'est ne pas se ficher quand un pauvre, endurci par le malheur, finasse ou injurie. C'est avoir des paroles réconfortantes pour ceux-là même qui semblent mériter leur malchance ou qui geignent à tort et à travers.

Soyons indulgents, non point avec l'espoir sournois que les autres seront, à leur tour, indulgents pour nous, mais parce qu'il est sûr que nous aurions succombé comme le voisin, si nous avions eu la même tentation et le même tempérament.

Toute la place que la malveillance et le mépris n'occupent pas en nous, la saine raison, le jugement net, l'indulgence s'y installent ; nous trouvons mieux alors les remèdes aux malheurs d'autrui. Plus l'homme s'occupe de soi, plus il se rapetisse ; plus il sort de soi et s'oublie, plus il acquiert une vue large et une puissance sereine.

Règle : Le devoir immédiat est de soulager autour de soi les souffrances immédiates (Maeterlinck).

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