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— Mai 2008 — |
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Louis-Claude de Saint-Martin De l'esprit des choses Raison universelle de l'existence des divers mondes
Mais, si un être ne connaît son origine qu'en soi-même, il ne peut connaître ses puissances que hors de soi, c'est-à-dire, que dans ce qui ne vient qu'après lui et qui est comme inférieur à lui ; ainsi pour que Dieu se connût dans Ses puissances, il fallait qu'il y eût éternellement des êtres au-dessous de Lui et produits par Lui dans lesquels Il pût se considérer et qui Lui servissent de miroir de contemplation et cette coéternité de l'homme et de l'esprit avec Dieu a été exposée suffisamment dans ce qui a précédé. Si l'homme et l'esprit ont le pouvoir de se connaître en Dieu et de sentir comme Lui leur origine, il faut qu'ils aient aussi comme Lui le pouvoir de connaître leurs puissances ; et pour connaître leurs puissances, il faut qu'ils aient comme Lui des classes inférieures à eux, qui leur servent de miroir de réflexion ; et ces classes inférieures, ce sont tous les esprits des régions et tout ce qui est attaché à la constitution du monde et à son origine : ces êtres-là n'ont reçu le développement de leur action temporelle que quand l'homme a eu reçu son émission dans ce monde. Ces êtres-là ne connaissaient point leur origine, comme l'homme et l'esprit connaissent et sentent la leur en Dieu ; mais ils sont des êtres simplement destinés à l'action et comme tels, ils ont besoin de connaître leur puissance et, par conséquent, ils ont besoin d'avoir au-dessous d'eux des miroirs qui la leur réfléchissent : aussi, comme ils sont obligés d'agir, c'est de leur action que résultent les miroirs dont ils ont besoin et ces miroirs ce sont toutes les productions et tous les phénomènes de l'univers ; ce qu'il ne faut pas confondre avec la raison occasionnelle de cette même existence des choses universelles-physiques. Quant à ces phénomènes physiques et à tous les êtres matériels qui composent le monde, ils ne connaissent ni leur origine ni leur puissance ; aussi n'ont-ils pas besoin de miroir ; ils ne sont que des êtres de résistance et même quoiqu'ils agissent, on ne peut pas les regarder comme des êtres d'action, puisque leur action n'est pas à eux, mais à ceux qui les précèdent, les engendrent et les dirigent, c'est-à-dire, à ces êtres qui servent de miroirs à l'homme. Au-dessous de l'univers physique et matériel, il faut bien qu'il y ait encore quelque chose, puisqu'il n'est qu'un être de résistance et que la résistance suppose un obstacle ; mais cet obstacle doit encore être inférieur à toutes les autres classes que nous venons de parcourir, c'est-à-dire, qu'il ne peut connaître en lui-même son origine, comme Dieu ; qu'il ne peut connaître, comme l'homme, son origine en Dieu ; qu'il ne peut connaître ses puissances comme Dieu, comme l'homme ni même comme les miroirs inférieurs à l'homme ; enfin, qu'il n'est pas même un être de résistance comme l'univers, puisque pour être un être de résistance, il faudrait qu'il eût une puissance et il n'en a aucune ; mais au contraire il est sans cesse repoussé, combattu et terrassé par toutes les puissances. Ainsi donc, on peut dire qu'il n'est rien qu'une universelle concentration, sans la possibilité d'aucun développement et cependant sentant le perpétuel besoin d'être tout et d'avoir un développement universel.
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