Pensées
Louis-Claude de Saint-Martin
(Extrait des Œuvres posthumes)
90. La science est pour le temporel, l'amour est pour le divin. On peut se passer de la science, mais non de l'amour, et c'est par l'amour que tout finira, parce que c’est par l’amour que tout a commencé et que tout existe. Je voudrais que toutes les instructions des docteurs de la sagesse commençassent et finissent par ces mots : aimez Dieu, vous serez aussi savants que tous les sages.
95. J'ai dit souvent que c'était en vain que nous prétendrions atteindre à la vérité complète par le raisonnement. Cette voie ne nous mène qu'aux vérités rationnelles, et néanmoins elle est infiniment précieuse et offre de grandes ressources contre les attaques philosophiques ; c'est même la seule qui soit remise aux lumières naturelles de tout homme de désir, et comme telle, elle peut être d'un usage presque universel ; mais elle ne peut donner le sentiment et le tact de la vérité active et radicale où notre être doit puiser sa vie et son existence. Cette espèce de vérité ne peut se donner que par elle-même. Faisons-nous simples et petits, notre fidèle guide nous fera sentir sa douceur. Mettons ces premiers dons à profit, nous goûterons bientôt ceux du l'esprit pur, puis ceux de l'esprit saint, puis ceux du verbe, puis ceux de la sainteté suprême, et alors nous verrons que tout est dans l'homme intérieur.

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