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— Février 2007 —
 
 
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Le septénaire fondamental

Oswald Wirth

(1860-1943)

Oswald WirthDès les temps les plus anciens, l'observation du ciel nocturne a fait distinguer certains astres de la masse des étoiles éparpillées sur le firmament. Ces astres apparurent comme indépendants des constellations, c'est-à-dire des figures formées entre elles par les étoiles ordinaires appelées fixes en raison de leur immuabilité les unes par rapport aux autres. On leur opposa quelques astres vagabonds, dits Planètes, de planês, errant. Ces étoiles parurent d'autant plus capricieuses, qu'elles ne se mouvaient pas toujours dans le même sens. Elles avançaient parmi les étoiles fixes dans le sens du Soleil et de la Lune, puis s'arrêtaient pour reculer, s'arrêter à nouveau, avant de reprendre leur marche directe. De pareilles moeurs valurent aux Planètes d'être mises en affinité avec les hommes : on leur chercha des caractères humains, ce qui conduisit à de fort judicieuses distinctions.

Ces astres errants effectuent dans le ciel le même trajet que la Lune et le Soleil. On assimila donc ces deux grands luminaires aux cinq étoiles vagabondes, d'où un Septénaire devenu primordial en Astrologie.

Il était tout naturel d'attribuer la plus puissante influence au Soleil qui règle l'activité humaine ; ensuite vint la Lune, reine de la nuit, puis les Planètes proprement dites. Vénus, qui brille la première le soir, quand elle ne précède pas le lever du jour, fut très anciennement remarquée, de même que Mercure, petit astre rapide, observé aux abords du Soleil. Un astre rouge, d'éclat variable, mais d'allure décidée, fut jugé agressif et devint notre Mars. Le majestueux maître des dieux fut reconnu en la belle planète blanche, calme, sereine, que nous nommons Jupiter. On suivait enfin les mouvements lents d'une planète sans éclat, qui semblait exilée dans les profondeurs de l'espace: c'est Saturne, estimé lourd et triste.

Ces indications sommaires autorisent à opposer les planètes les unes aux autres, afin de faire valoir par contraste leurs caractéristiques. La disposition suivante devient ainsi particulièrement instructive:

Jupiter

Soleil               Lune

Mercure

Mars               Vénus

Saturne

Se cherchant lui-même dans les planètes, l'homme n'eut point de peine à se retrouver en leur septénaire.

Il reconnut en Mercure sa propre mobilité, son humeur inconstante, sa promptitude agile, sa rapidité de gestes et sa vivacité d'esprit. Mercure est comme l'écureuil en cage que rien ne fixe ; c'est l'agitation perpétuelle. Il touche à tout et donne des aptitudes universelles frivoles, sans solidité ni profondeur : Mercure saute, gambade, rit, plaisante et amuse.

Apte à tout superficiellement, il n'est spécialisé en rien ; impressionnable et changeant, il manque de caractère et c'est précisément ce qui le caractérise. En le plaçant au centre du septénaire planétaire, on marque sa neutralité ; il subit toutes les influences et demeure indécis, mixte et flou jusqu'en son sexe. Rien ne lui étant étranger, il est l'intermédiaire obligatoire en qui tout se répercute. Mais ceci nous conduit à la conception du Mercure des Sages de l'Hermétisme. Contentons-nous ici d'esquisser en leurs contrastes Jupiter et Saturne, Soleil et Lune, Mars et Vénus.

Jupiter symbolise tout ce qui est ascensionnel. C'est dans l'homme la pensée directrice, la dignité, qui se sent responsable et assume de régner avec sagesse sur l'ensemble de la personnalité. Conscience, justice, équité, noblesse, générosité, grandeur d'âme relèvent de Jupiter.

Saturne, par opposition, correspond à ce qui alourdit, compacte, matérialise et durcit. Il attache à la terre et rend esclave des nécessités ; c'est lui qui contraint l'homme à travailler pour nourrir son corps. Dieu morose, il rend prévoyant, avare, égoïste et mesquin. Mais aux défauts saturniens correspondent des qualités, qui, pour ne pas être aimables, n'en sont pas moins précieuses. Nous aurons occasion d'y revenir.

Le Soleil est aussi radieux que Saturne est sombre. Sa chaleur anime les vivants que sa lumière réjouit Il réveille les dormeurs à l'activité de l'intelligence autant qu'à celle du corps. Ses favoris sont artistes, poètes, voyants, penseurs de génie, mais il nous confère à tous la raison dont nous devons apprendre à faire un judicieux usage.

La Lune nous éclaire de nuit avec incertitude comme l'imagination quand le raisonnement est à court. Cet astre est celui du rêve, qui peut se révéler lucide. Il nous arrive de deviner juste et nous avons imaginé notre savoir, avant d'en contrôler l'exactitude relative. La Lune nous renseigne à sa façon et nous aurions tort de mépriser ce qu'elle révèle aux Lunariens de génie.

Mars devient en nous la motricité, l'ardeur agissante qui répugne au repos. Il lui faut des actes, de préférence violents ; il explose avec colère et se dépense sans éprouver de fatigue. Ne songeant qu'à conquérir, il vocifère et se démène trop souvent comme une brute.

Il est heureusement destiné à rencontrer Vénus, dont il ne peut se passer, car elle assure son équilibre. Elle lui rend ce qu'il dépense, car elle est la langueur réparatrice des forces vitales. Se plaisant au repos, elle le fait partager et retrempe les énergies que l'ardeur agissante épuise. Vénus est la mère des vivants, dont elle entretient la vitalité.
 

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