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— Janvier 2006 — |
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De Dieu et de la Création Emmanuel Swedenborg Extrait de l'ABRÉGÉ DES OUVRAGES D’EMMANUEL SWEDENBORG DE DIEU [1] Il n’y a qu’un Dieu, qui est incréé, infini, et qui seul peut dire ce qu’il a dit : Je suis celui qui est. Dieu est la vie, parce que Dieu est amour ; lui seul est la vie : la vie est une, et deux êtres ne peuvent l’avoir en propre ; autrement ce seraient deux Dieux. La vie de l’homme est dérivative, et il n’a en propre que la mort. En Dieu être et exister sont la même chose ; l’amour est son être, la sagesse est son existence ; Dieu est donc amour et sagesse. L’amour divin et la sagesse divine sont substance et forme ; dans le ciel l’amour divin et la sagesse divine se manifestent dans un soleil spirituel, qui n’est pas Dieu, mais le premier procédant de Dieu ; la chaleur de ce soleil est l’amour ; la lumière est la sagesse [2]. Ce soleil paraît éloigné des anges, et placé à une hauteur moyenne, comme le soleil de notre monde. DE LA CRÉATION [3] L’amour divin, et la sagesse divine, qui en est la forme, ne peuvent être et exister seuls, car le propre de l’amour n’est pas de s’aimer soi-même. Il fallait à Dieu, qui est amour, un objet, c’est-à-dire, des créatures qu’il aimât : il a donc créé l’univers, de son amour, par sa sagesse [4] ; il l’a créé immédiatement par le soleil spirituel ; et de là, par le soleil naturel, celui-ci étant l’instrument de l’autre. Le spirituel est vivant, le naturel est mort ; il faut donc que l’un procède de l’autre, que l’un soit créé, et l’autre incréé. Par ses atmosphères spirituelles, qui sont les réceptacles du feu divin, et de la lumière divine, et qui ont trois degrés, le divin de l’amour, le divin de la sagesse, et le divin de l’usage ; par ses atmosphères le soleil spirituel produit les objets spirituels qui sont dans les cieux, et qui ont l’apparence des nôtres. L’extrémité de ces atmosphères spirituelles a produit notre soleil naturel, lequel a aussi ses atmosphères, qui ont produit, par trois degrés, les substances matérielles. Ces atmosphères, ou agents, décroissant en activité et en expansion, leur dernier terme forme des masses dont les parties sont rapprochées par la compression, des substances lourdes, fixes, et en repos, que nous voyons sur la terre, et que nous appelons matière. La progression qui se trouve dans les degrés de l’amour divin, et de la sagesse divine, est aussi dans leurs effets, qui sont les créatures. Tout corps va progressivement du premier au dernier ; ainsi dans le corps humain les fibres deviennent tendons, ensuite cartilages, enfin os, où elles se terminent et se reposent, pour se maintenir. L’état, ou la manière d’être des corps, passe de même, par degrés, de la lumière dans l’ombre, et de la chaleur au froid. Tout ce qui est créé a de l’aptitude à recevoir l’amour divin, et la sagesse divine, et en est le réceptacle. Toutes les substances présentent l’image de l’infini ; l’image de l’homme est aussi dans toutes ; elles ont toutes été formées pour l’usage, afin que par l’usage l’homme arrive au Seigneur, son principe. Les matières, quoique venant de Dieu, n’ont rien de divin ; mais elles ont de la substance du soleil spirituel, par continuation, ce qu’elle avait de divin, c’est-à-dire la vie, ou la force qui tend à la reproduction. Elle y tend par les usages ; les usages passent aux formes, par une succession continuelle d’effets, provenus d’autres effets qui descendent d’une première cause, et qui y remontent, pour redescendre, et reproduire encore. Les usages de la création sont donc dans les formes ; et ces formes ou productions, offrent une image de la création divine. Ces formes sont de trois sortes, celles du règne minéral, celles du règne végétal, et celles du règne animal. Celui qui a dit, Je suis celui qui est, ne peut connaître la succession des temps ; ses vertus et ses œuvres, tout ce qui existe et peut exister dans l’ordre divin, est toujours en sa présence, et l’on ne peut avoir une idée de la création de l’univers, qu’en faisant abstraction de l’espace et du temps. Si vous la faites, vous concevrez que le plus grand et le plus petit de l’espace ne diffèrent pas ; et l’idée que vous vous formerez de la création de l’univers sera semblable à celle que vous aurez de la création de chaque être en particulier. La variété des êtres créés vient de ce que Dieu-homme est infini, et que dans lui sont une infinité de choses. L’indéfini se trouve dans le soleil spirituel, premier procédant de lui ; de sorte que ces choses, en nombre indéfini, existent dans l’univers créé, comme dans une image : c’est pourquoi on ne peut trouver dans le monde deux êtres absolument semblables. Il en résulte cette variété d’êtres matériels dans ce monde, et d’êtres spirituels dans le monde spirituel. Cette variété s’observe non seulement dans chacun d’eux, mais même dans les différents composés qui résultent de leur assemblage. On ne peut pas dire que l’univers ait été créé dans des espaces distincts, ni dans des temps qui se sont succédé ; l’Écriture le dit, relativement à nous, et pour accommoder la lettre à nos perceptions terrestres. Il faut dire que la création a été faite par l’Éternel, et par l’infini, non de toute éternité, considérée comme éternité de temps, laquelle est inconcevable sans commencement, puisque le temps est dans l’éternité, puisque l’éternité c’est Dieu, qui seul n’a point eu de commencement, et qui a créé ce que nous appelons le temps ; il faut croire aussi que le monde a été créé, non par l’infini dans l’espace, mais par l’infini sans espace, car il n’y a pas d’autre infini. Alors on aura une juste idée de la création, et on sera éloigné de l’opinion insensée qui fait la nature, ou la matière, éternelle ; on concevra que Dieu existe, non par lui-même, ce qui lui donnerait un principe, mais en lui-même. Notes : [1] Vera christiana Religio, 12. 13. 14. 25. 28. 135. Apocalypsis revela, 29. 31. 53. 58. 173. Doctrina novæ Hierosolymæ de Domino, 19. ad 28. 51. Eadem de Scriptura sacra, 80. ad 90. Sapientià angelica de divino amore et divina sapientia, 4. 11. 28. 83. 86 ad 112. De cælo et inferno 78 ad 86. Arcana cælestia, 6700. 6716. 8541 ad 47, 9303. Deliciæ sapientiæ de amore conjugali, 132 and 136. [2] « La sagesse est la vapeur de la vertu de Dieu. C’est une certaine émanation pure de la clarté du Tout-puissant ; c’est la blancheur de la lumière éternelle : elle est une ; elle peut tout ; stable en elle-même, elle renouvelle tout. Chez les nations elle se répand dans les âmes saintes ; elle constitue les amis de Dieu, et les prophètes ». Sp. 7 : 25. 26. 27. [3] Apocal. rev. 31. 70. Sap. ang. de div. am. et div. sap. 23. 47 ad 65. 69 ad 76. 262 ad 327. Arcana cælestia, 313. 3061. 4240. De cælo et inferno, 103 ad 115. Vera Christiana Religio, 78. De commercio animæ et corporis, 4. 5. 9. 10. [4] « Dieu nous a engendrés de sa volonté, par sa parole de vérité », Epist. cath. Jac. 1 : 18.La volonté, c’est l’amour, la parole, c’est la sagesse. L’apôtre affirme donc que Dieu nous a créés de son amour, par sa sagesse ; l’ecclésiastique le dit aussi :« les œuvres du Seigneur sont dans sa parole ». Eccli. 42 : 15. « Dieu a fait les cieux dans son entendement, dit le prophète David ». Ps. 135. v. 5. [5] Le Seigneur a répandu sa sagesse sur toutes ses œuvres et sur toute chair. Eccli. 1 : 10. — L’âme de tout être vivant est sortie de la face de Dieu. Eccli. 16 : 31.
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